Ça va, c’est pas grave ça va passer

Comment vous parler de ça…

 J’ai eu la chance de pouvoir assister aux répétitions du nouveau spectacle de Florence Fagherazzi Ça va, c’est pas grave ça va passer. Le sujet choisi est difficile. Parler de viol n’est pas simple. Elle met en scène un livre de Marine Peyrard qui viendra assister à certaines représentations. Margaux Dorsaz la danseuse est incroyable, elle incarne les mots lus par Pauline Epiney de façon extraordinairement touchante et vraie. 

Ce qui m’a le plus frappé, c’est que nos souffrances se rejoignent : la sensation de corps brisé, de dissociation entre ce qui paraît à l’extérieur et le moi intérieur, comment ce que l’on montre à voir peut être si différent de ce que l’on ressent et de ce que l’on est et combien être réduit à n’être qu’un objet pour l’autre, détruit la personne que l’on est. Combien aussi notre société est inapte à prendre en compte une telle souffrance dans le quotidien, combien avoir mal, parler de la souffrance profonde est tabou. Quand on souffre vraiment, on est exclu du monde d’une certaine façon.

Et puis ce qui me touche et m’émeut énormément, c’est ce courage de prendre la parole, de choisir de ne pas être seulement une victime, pour avancer, pour exister à nouveau pleinement comme une personne. Cette force que nous avons tous en nous, mais que si peu ont le courage d’assumer pleinement. Lorsqu’une telle voix s’élève, il est important d’aller l’écouter, de prendre le temps d’accueillir ce qu’elle a à nous dire avec toute la bienveillance et la reconnaissance qu’elle mérite. Ce qui est merveilleux dans ce spectacle, c’est que chaque membre de l’équipe a à cœur de porter ce témoignage avec toute la sincérité et le respect qu’il mérite. Un moment riche en émotions qui bouleverse, déstabilise et fait bouger les lignes…

Publications similaires